Choisir son psy

« Il n’y a pas de formation de l’analyste, il n’y a que des formations de l’inconscient. »

Jacques Lacan,

Intervention à l’EFP

du 3 novembre 1973

Tandis que le gouvernement légifère sur le droit d’usage du statut de psychothérapeute (sans définir le métier sur le fond), la psychanalyse reste soumise à aucune loi.

Ce qui complique la question est que, comme le souligne Lacan, la première étape, fondamentale, pour devenir psychanalyste, est de suivre soi-même une psychanalyse.

Or aucune obligation légale n’est faite au psychanalyste de suivre une psychanalyse jusqu'à son terme avant de se déclarer psychanalyste. Pas même pour le psychiatre, le psychologue, ou le psychothérapeute qui décide de pratiquer la psychanalyse.

En d’autres termes les psychanalystes soucieux d’éthique cotoient charlatans et autres gourous.
Pour celui ou celle qui opte pour la psychanalyse pure, difficile donc de choisir.

Informez-vous, définissez ce que vous voulez, faites des essais, et vous finirez par rencontrer celui ou celle qui vous convient.

Liberté de choix

Le premier entretien avec un psy ne vous engage pas à continuer avec lui. Cet entretien, dit préliminaire, doit avoir pour but de vous orienter ou réorienter : définir avec vous votre demande, et vérifier dans quelle mesure la psychanalyse est, a priori, adaptée à cette demande.

Le premier entretien est aussi le moment de vérifier que ni vous ni le psychanalyste n’avez une objection majeure à travailler ensemble. 

Un psychanalyste doit avoir l’honnêteté de dire que la demande qui lui est faite entre trop en résonance avec son vécu et qu’il préfère vous diriger vers un collègue. 

De votre côté, vous devez vérifier que le psychanalyste vous convient, a priori. Le premier ne sera peut-être pas le bon. N’avez-vous jamais changé de coiffeur ou de dentiste ?

Respect de l'éthique

Critère évident s’il en est !

Si le psychanalyste vous prend la main pour vous rassurer, s’il vous offre un café ou vous propose de prendre un verre après la séance, si son bureau est couvert des photos de ses enfants, s’il vous parle de sa famille ou de sa ville natale, s’il rebondit sur vos propos pour vous raconter sa vie, fuyez !

Au delà d’un devoir de retrait évident, en psychanalyse pure, le psychanalyste ne doit en aucun cas interpréter à votre place. Il vous embarasserait de sa symbolique et empêcherait votre prise de conscience. 

Au contraire, il doit vous apprendre et vous aider à interpréter vous-même, avec votre propre symbolique.

Un mauvais feeling peut en cacher un autre

Si votre psychanalyste vous énerve au bout de quelques temps, c’est peut-être le moment de... ...continuer !

Beaucoup de consultants "butinent" de psychanalyste en psychanalyste et butent éternellement sur cette difficulté sans comprendre qu’elle parle plus d’eux que de leurs psychanalystes.

Si le comportement de votre psychanalyste vous agace à la longue, si vous lui prêtez des intentions malhonnêtes, ou plus simplement si vous ne voyez plus l’intérêt de continuer : plutôt que de fuir en douce, dites-lui ! 

Au mieux vous comprendrez quelque chose sur vous-même, au pire vous changerez de psychanalyste. Mais c’est un mal pour un bien, dans ce cas...