LES "PSY"

Face au symptôme
le psychologue diagnostique
le psychiatre soulage
le psychothérapeute rééduque

le psychanalyste aide à comprendre

Seul avec son symptôme, il est toujours difficile de franchir le pas : "Les psys, c’est pour les fous, et je ne suis pas fou !".

Celui qui décide malgré tout de consulter, souvent en cachette, ne sait souvent pas vers qui se tourner. L’offre est large, le choix difficile. 

Pour trouver son chemin, voici une rapide définition de chaque spécialité.

La Psychiatrie

"Partie de la médecine qui étudie et traite les maladies mentales, les troubles pathologiques de la vie psychique" (définition du Petit Robert).

Le psychiatre est avant tout un médecin. Il va chercher à soigner en prescrivant des médicaments. Un symptôme, un traitement. Le but est d’étouffer le symptôme qui dérange le patient, sa famille, la société. 

La pharmacologie s’est considérablement enrichie de nouvelles molécules qui permettent de cibler de mieux en mieux la pathologie sans trop d’effets secondaires.

La chimie reste un soin palliatif. Il faut traiter la cause de la dépression, de l'envie suicidaire, des crises d'angoise, etc. Pour ce faire le psychiatre devra faire appel à une forme de psychothérapie.

La psychologie

À l’origne psycho-physiologie, c’est aujourd’hui "l’étude scientifique des phénomènes de l’esprit, de la pensée caractéristiques de certains êtres vivants chez qui existe une connaissance de leur propre existence" (définition du Petit Robert). 

À ce titre, elle cherche à modéliser la normalité et les pathologies du psychisme humain. Elle a tout naturellement récupéré progressivement une partie du modèle psychanalytique.

La psychologie repére des comportements qu'elle juge relèver d’une pathologie, notamment grace à toute une panoplie de tests et de grilles d’analyse. 

Le vocabulaire utilisé par tous pour désigner ces comportements ou ces pathologies est issu de la psychologie. En revanche, il est faux de parler de "thérapie psychologique", dans le sens où la psychologie ne propose pas de forme spécifique de traitement, elle révèle au patient le nom de la pathologie dont il souffre.

Pour soigner, le psychologue doit utiliser une forme de psychothérapie – ne serait-ce que la suggestion.

Les psychothérapies

Le pluriel est de mise : on recense plus d’un millier de formes de psychothérapie à travers le monde. Et chaque praticien a tendance à mélanger plusieurs formes pour inventer sa propre méthode.

Pour citer quelques dénomination courantes : les thérapies familiales, les thérapies comportementales et cognitives, l'hypnose, le psychodrame, le rebirth, la PNL, l'art-thérapie, etc. 

Une dérive vers ce qu’on a coutume d’appeler la "psychanalyse appliquée" a également donné de nombreuses formes de psychothérapies qui se réclament de la théorie psychanalytique mais pas de la pratique.

Le critère de choix est assez simple : privilégier ce qui est efficace car après tout peu importe le moyen du moment qu’il permet d’aller mieux.

D'autant qu'il y a parfois urgence : il vaut mieux rapidement endiguer le symptôme plutôt que, par exemple, perdre son travail à cause de ses conséquences. La psychothérapie peut en cela apporter un soin palliatif rapide.

Cependant, tant que le mécanisme profond qui a donné naissance au symptôme n’est pas conscient, le risque de l’apparition d’un nouveau symptôme ne peut être complètement écarté.

La psychanalyse [pure]

Elle a été inventée par un neurologue, Sigmund Freud, qui a pris conscience des limites de la psychiatrie. Intéressé par l’hypnose, il a très vite critiqué la suggestion qui y est à l’oeuvre, et a montré les limites de ce mode d’intervention.

Lacan avait coutume de dire que la guérison des symptômes était un effet "secondaire" de la psychanalyse pure. Il est vrai que le respect du rythme de l’analysant interdit de planifier une quelconque amélioration dans sa vie quotidienne.

La psychanalyse en tant que pratique n’en reste pas moins le seul moyen de comprendre profondément ce qui ne va pas, de prendre conscience de la façon dont on fonctionne, de l’accepter, et de retrouver ainsi une liberté de choix.

Contrairement à la psychanalyse appliquée, forme de psychothérapie, la psychanalyse pure ne laisse pas place à la suggestion.